Congrès cantonal des ACPG-CATM

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Le village a accueilli
le monde combattant

    
      Le congrès cantonal des ACPG-CATM s'est déroulé, samedi, en présence de près de cent cinquante participants. Au centre des débats, le devoir de mémoire a pris tout son sens.

       Le coeur du village pavoisé aux couleurs nationales, a battu samedi au rythme du congrès de la section cantonale des anciens combattants, prisonniers de guerre et combattants d'Algérie, de Tunisie et du Maroc (ACPG-CATM). Soixante-troisième du genre, cette manifestation annuelle a eu aussi le mérite d'offrir aux nouveaux élus du canton l'occasion de manifester leur solidarité au monde combattant et de créer un lien intergénérationnel avec les jeunes de Buigny.

       Après les mots de bienvenue du président René Fournier, de son homologue local, Michel Israël, et du maire, Eric Mouton, le secrétaire-trésorier de la section, Pierre Pruvot, est entré très vite dans le vif du sujet en donnant lecture du rapport d'activité. On a ainsi pu constater que l'association, forte de 184 adhérents, a été particulièrement active. Ses représentants ont notamment participé le 5 avril, à la cérémonie nationale du Qing Ming, en hommage aux coolies morts pour la France en 1918, et qui reposent depuis au cimetière chinois de Nolette.

       Après le chapitre revendicatif,  le devoir de mémoire a pris toute son ampleur à l'évocation de la récente profanation de cent quarante tombes musulmanes à la nécropole de Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais). Le délégué départemental, André Dechoz, rendit ensuite hommage à la mémoire de jeunes du canton tombés au champ d'honneur, soit en Indochine, comme le Buignacois Jean Riquier, soit en Algérie, à l'instar du Noyellois Gilbert Leblond, ou encore René Roussel et Jean Hecquet. "On ne peut pas accepter le regroupement de toutes les commémorations comme d'aucuns le préconisent . Ce serait oublier les souffrances de ceux de la grande guerre qui se sont battus dans les tranchées. De même, on ne peut effacer le 8 mai." Evoquant par contre,  le choix du 5 décembre pour la commémoration de la fin de la guerre d'Algérie, M. Dechoz s'est réjoui de son caractère fédérateur qui permet ainsi de rendre hommage à toutes les victimes dénombrées après le cessez-le-feu du 16 mars 1962.

       A l'issue de la messe célébrée par l'abbé Saur, accompagnée de  la belle prestation de la fanfare de Noyelles-sur-Mer, l'émotion a atteint son paroxysme lorsque le maire, Eric Mouton,  a évoqué "les plaies laissées ouvertes par cette tragédie et qui saignent encore." Lui-même pupille de la Nation, son père, "le lieutenant Paul Mouton, engagé volontaire dans un groupe d'aviation légère basé à Béchar, a participé à cette guerre d'Algérie avant de décéder accidentellement en service commandé en d'autres lieux. Je sais que certains d'entre vous ont rapporté de ce morceau d'Afrique des souvenirs, des images, des blessures physiques, morales et psychologiques. Aux générations qui se succéderont de s'en souvenir pour bâtir une paix durable" a conclu l'élu.

       Nul doute que les jeunes du village qui ont assuré le service du vin d'honneur sauront ne pas l'oublier.

A.M.


Les médaillés :
Mérite fédéral : René Lejosne (Forest-l'Abbaye).  Médaille de la fidélité de la Fédération : Fernand Tellier (Nouvion).

Le bureau :
René Fournier (président); Daniel Goulet (vice-président) et Pierre Pruvot (secrétaire-trésorier).






 
Romain Roger, Florian Vandekerckove, Laure Thébault, Olivier Fruchart et Pierre de Francqueville : ces cinq jeunes bien sympathiques ont accepté volontiers d'assurer le service du vin d'honneur et de partager un grand moment de solidarité et de fraternité avec ceux qui se sont battus pour défendre les valeurs de la République. 
Geste symbolique, s'il en est, du lien intergénérationnel que la municipalité veut développer, cette première action en appellera d'autres et débouchera vers la prise en compte des attentes de la jeunesse du village en matière de loisirs.

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